Introduction
La productivité est partout.
Dans les livres, les podcasts, les formations, les réseaux sociaux.
On nous explique comment faire plus, plus vite, mieux. Comment optimiser chaque minute. Comment “ne pas perdre de temps”.
À tel point qu’une question mérite d’être posée :
Pourquoi avons-nous tous l’impression qu’il faut absolument être productif ?
Derrière cette quête presque obsessionnelle se cachent des mécanismes bien plus profonds que le simple désir d’efficacité. Pression sociale, peur du jugement, confusion entre performance et valeur personnelle, fatigue chronique…
Chercher à être productif n’est pas un problème en soi. Mais chercher à l’être sans comprendre pourquoi ni comment peut rapidement devenir toxique.
Décryptons ensemble ce phénomène.
On en parle aussi plus en détails dans notre épisode long.
1. La pression sociale autour de la productivité

Pourquoi cette pression existe-t-elle ?
Nous vivons dans une société qui valorise l’action, la vitesse et le résultat visible.
“Être occupé” est devenu un marqueur de réussite sociale. Celui qui court partout, qui a un agenda plein, qui ne décroche jamais est souvent perçu comme important, impliqué, utile.
À l’inverse, ralentir, prendre du temps, faire moins, peut être inconsciemment associé à :
- de la paresse
- un manque d’ambition
- une forme d’échec
Cette pression ne vient pas uniquement de l’extérieur. Elle est aussi intériorisée. On finit par se juger soi-même à travers ce prisme :
“Si je ne fais pas assez, c’est que je ne suis pas assez.”
Qu’est-ce qu’on entend par pression sociale ?
Ce n’est pas forcément quelqu’un qui te dit explicitement de travailler plus.
C’est souvent beaucoup plus subtil :
- Les discours du type “tout le monde peut réussir s’il s’en donne les moyens”
- Les modèles de réussite mis en avant (hyperactifs, multitâches, disponibles 24/7)
- Les injonctions à “optimiser son temps libre”
- La glorification de la fatigue (“je suis crevé mais j’avance”)
Résultat : on ne cherche plus à être productif pour servir nos objectifs, mais pour être conforme.
Comment déjouer cette pression ?
Première étape : reprendre la définition de la productivité.
Être productif ne signifie pas faire plus que les autres, ni remplir toutes ses journées.
Être productif, c’est avancer sur ce qui compte vraiment pour soi.
Quelques pistes concrètes :
- Se poser régulièrement la question : “Productif pour quoi, et pour qui ?”
- Remplacer le critère “quantité” par “pertinence”
- Accepter que certaines périodes soient moins productives… et que ce soit normal
- Décorréler sa valeur personnelle de son niveau d’activité
2. Productivité vs. surmenage : où mettre la limite ?
Pourquoi cette confusion est fréquente ?
Dans l’imaginaire collectif, productivité rime encore trop souvent avec intensité.
On confond :
- efficacité et épuisement
- engagement et surcharge
- discipline et rigidité
Beaucoup pensent que s’ils sont fatigués, c’est qu’ils “font ce qu’il faut”.
Or, le surmenage n’est pas un signe de bonne productivité, c’est souvent l’inverse.
Qu’est-ce qu’on entend par surmenage ?
Le surmenage, ce n’est pas seulement travailler beaucoup.
C’est surtout :
- ne jamais vraiment récupérer
- avoir l’impression d’être toujours en retard
- être occupé sans se sentir efficace
- perdre en clarté, en motivation et en créativité
On peut être très occupé et très peu productif.
Le surmenage apparaît quand l’énergie dépensée dépasse largement l’énergie récupérée.
Comment déjouer cette dérive ?
La clé, c’est de passer d’une logique de temps à une logique d’énergie.
Quelques principes simples :
- Identifier les moments de la journée où l’énergie est la plus haute
- Réserver ces moments aux tâches importantes, pas aux urgences superficielles
- Intégrer des temps de récupération comme des éléments non négociables
- Accepter que faire moins, mais mieux, est souvent plus rentable
La productivité durable repose sur un équilibre :
avancer sans se brûler.
3. Est-ce qu’on en fait trop ? Quand ralentir devient nécessaire
Pourquoi ralentir est si difficile ?
Ralentir va à l’encontre de nombreux conditionnements :
- peur de “perdre du temps”
- peur de manquer une opportunité
- peur d’être jugé
- peur de se retrouver face à soi-même
Être constamment dans l’action permet parfois d’éviter certaines questions inconfortables.
Mais à force, le corps et l’esprit finissent par envoyer des signaux.
Qu’est-ce qu’on entend par “en faire trop” ?
En faire trop, ce n’est pas seulement avoir beaucoup de choses à faire.
C’est :
- dire oui trop souvent
- accumuler les projets sans jamais clôturer
- remplir son agenda sans espace vide
- ne plus savoir pourquoi on fait les choses
C’est aussi pourquoi tout le monde veut être productif.
Le signe le plus révélateur :
La sensation de courir sans avancer réellement.
Comment savoir quand ralentir… et comment le faire ?
Ralentir ne veut pas dire tout arrêter.
Cela signifie reprendre le contrôle du rythme.
Quelques actions concrètes :
- Faire régulièrement un état des lieux de ses engagements
- Supprimer ou repousser ce qui n’est pas aligné avec ses priorités
- Créer volontairement des marges dans son agenda
- Accepter que le repos est une condition de la performance, pas une récompense
Ralentir, c’est souvent le moyen le plus rapide de retrouver de la clarté.
Conclusion
Si tout le monde cherche à être productif aujourd’hui, ce n’est pas par hasard.
C’est le résultat d’un mélange de pression sociale, de confusion entre valeur et performance, et d’une peur collective de ralentir.
Mais la vraie question n’est pas :
“Comment être plus productif ?”
C’est plutôt :
“Quelle forme de productivité me permet de vivre une vie équilibrée et alignée ?”
La productivité n’a de sens que si elle sert :
- ta santé
- tes relations
- tes projets importants
- ton bien-être global
Finalement, être productif, ce n’est pas remplir son temps.
C’est utiliser son temps avec conscience.
Et parfois, la décision la plus productive…c’est simplement de lever le pied.
J’espère t’avoir aidé à comprendre pourquoi tout le monde veut être productif.
