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L’absurdité des vacances : Pourquoi avons-nous besoin de vacances… après nos vacances ?

C’est une invention peu naturelle.
ça devient une performance.
Fausse frontière entre le pro et le perso.

Est-ce que ça t’arrive ?

Les vacances sont enfin là.
Celles qu’on attend depuis des mois, parfois depuis des années.
On a prévenu les collègues, activé le message d’absence, fermé les dossiers à la hâte. Les valises sont prêtes, l’agenda s’est soudainement vidé, et avec lui, l’espoir d’un vrai soulagement.

Et pourtant.

À peine rentré, parfois même avant d’avoir défait ses bagages, une fatigue sourde refait surface. Une tension familière, presque rassurante tant elle est connue. Et cette phrase, un peu absurde mais terriblement honnête : « J’aurais besoin de vacances… de mes vacances. »

Ce malaise n’est ni un caprice, ni un manque de gratitude. Il dit quelque chose de beaucoup plus profond sur la manière dont nous avons appris à gérer notre temps, notre énergie et, plus largement, notre vie.

Pourquoi avons-nous besoin de vacances… après nos vacances ?

Une invention récente… et peu naturelle

L’idée selon laquelle on travaille intensément pendant de longs mois avant de s’autoriser un arrêt total est relativement récente. Elle s’ancre dans la révolution industrielle, au moment où le travail devient un emploi, avec un lieu fixe, des horaires fixes, et une séparation nette entre le temps “productif” et le temps “autorisé au repos”.

Avant cela, le travail existait bien sûr, mais il s’inscrivait dans des rythmes plus organiques, plus continus, plus proches de la vie elle-même.

Ce qui frappe, avec un peu de recul, c’est l’absurdité biologique de notre organisation actuelle. Aucune fonction vitale ne fonctionne par accumulation puis par compensation. On ne respire pas pour la semaine le lundi matin. On ne dort pas quinze heures une fois par mois pour tenir le reste du temps. On ne mange pas tout en une fois en espérant que le corps fera le tri.

Et pourtant, c’est exactement ce que nous faisons avec le repos.

La logique de l’apnée

Nous avons intégré l’idée qu’il fallait “tenir”. Tenir jusqu’aux vacances. Tenir jusqu’à ce que ça se calme. Tenir jusqu’à ce que le planning se vide. En attendant, on encaisse la pression, le stress, les tensions, parfois pendant des semaines ou des mois.

Les vacances deviennent alors une promesse lointaine, presque mythique. Elles sont censées réparer, compenser, effacer ce qui s’est accumulé. Mais quand on arrive à elles en apnée, essoufflé, tendu de partout, elles ne peuvent pas faire de miracle.

Pire encore : elles se chargent à leur tour d’une forme de pression.

Quand même le repos devient une performance

Pourquoi avons-nous besoin de vacances… après nos vacances ? Les visites

Il y a cette idée insidieuse qu’il faudrait “bien” réussir ses vacances. En profiter au maximum. Ne rien rater. Voir, faire, expérimenter. Rentabiliser le temps, puisqu’il est compté.

Alors on se lève tôt. On enchaîne les visites. On suit des programmes serrés. On coche des lieux, des activités, des expériences. Le corps est ailleurs, mais l’esprit continue à fonctionner exactement comme avant : orienté vers l’objectif, le rendement, la performance.

Psychologiquement, il s’agit d’une anxiété de performance qui ne se limite plus au travail. Elle s’est diffusée dans toutes les sphères de la vie. À la maison, il faut bien gérer. En famille, il faut être présent. En vacances, il faut profiter.

La pression n’a pas disparu. Elle a simplement changé de décor.

Une fausse frontière entre vie pro et vie perso

Nous aimons croire qu’il existe une frontière nette entre la vie professionnelle et la vie privée. Mais cette division est avant tout sociale. Biologiquement, elle n’a aucun sens.

Le système nerveux ne fait pas la différence entre une réunion stressante, une charge mentale familiale ou un programme de vacances trop chargé. Pour lui, la pression reste de la pression. Le stress reste du stress.

C’est pour cela qu’on peut être officiellement en vacances tout en restant intérieurement tendu. Parce que le problème n’est pas l’endroit où l’on se trouve, mais l’état dans lequel on se trouve.

L’oisiveté, cette grande oubliée

Il fut un temps où ne rien faire n’était pas un défaut. Où l’oisiveté avait même une valeur. Aujourd’hui, elle est souvent perçue comme une perte de temps, un vide à combler, un inconfort à éviter.

Et pourtant, c’est précisément ce “vide” qui permet au système nerveux de se réguler. Se poser quelques minutes sans but. Regarder par la fenêtre. Marcher sans destination. Voyager sans tout voir. Accepter de ne pas optimiser.

Ce sont ces moments-là qui reposent vraiment.

Pas parce qu’ils sont utiles, mais parce qu’ils ne le sont pas.

Les vacances ne sont pas le problème

Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause les vacances longues. Elles sont nécessaires, précieuses, parfois vitales. Le problème apparaît lorsqu’on leur confie une mission impossible : réparer des mois de déséquilibre.

Si tout le repos est repoussé à plus tard, alors ce “plus tard” devient écrasant. Les vacances se chargent d’une attente démesurée, et finissent par ressembler, elles aussi, à une obligation à réussir.

Repenser le temps, autrement

La véritable question n’est donc pas : « Ai-je assez de vacances ? »
Mais plutôt : « Est-ce que je sais me reposer au quotidien ? »

Nous n’avons pas seulement besoin de grandes coupures annuelles. Nous avons besoin de micro-vacances quotidiennes. De respirations régulières. De moments de déconnexion intégrés à la vie ordinaire.

Sans cela, même les plus belles vacances restent insuffisantes.

En guise de conclusion

Avoir besoin de vacances après ses vacances n’est pas un échec personnel. C’est un signal. Celui d’un rythme devenu incompatible avec notre fonctionnement humain.

Le repos ne devrait pas être une récompense lointaine. Il devrait être une composante normale de la vie, au même titre que le travail, l’engagement ou l’effort.

Les vraies vacances commencent le jour où l’on n’a plus besoin d’attendre l’été pour respirer.

Pour aller plus loin : Le système TIMER

C’est LA formation qu’il te faut si tu veux qu’on t’accompagne à mettre en place des actions concrètes adaptées à ta réalité. Dedans on te fait prendre conscience de ta relation au temps et de comment y faire face, pour retrouver enfin de la sérénité et du temps avec tes proches.

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