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Le 31 décembre et le rapport au temps

Le 31 décembre : ce que cette date dit vraiment de notre rapport au temps

Le 31 décembre n’est pas un jour comme les autres.

Sur le calendrier, ce n’est qu’une date. Une case qui se termine. Et pourtant, elle porte une charge symbolique énorme.

Ce soir-là, on ralentit (ou on accélère), on se retrouve, on compte les heures, on fait la fête, on regarde l’horloge approcher minuit. On trinque, on s’embrasse, on se souhaite le meilleur. Et souvent, sans trop savoir pourquoi, on ressent quelque chose de particulier : un mélange de joie, de nostalgie, d’espoir… parfois même d’angoisse.

Le 31 décembre est un miroir.
Un miroir de notre rapport au temps, aux autres et à nous-mêmes.

31 décembre et le rapport au temps

1. Pourquoi le 31 décembre on veut le passer en famille ou entre amis ?

Le besoin de marquer la fin… ensemble

À la différence de beaucoup d’autres dates, le 31 décembre est vécu collectivement.
On ne le traverse pas seul. Ou en tout cas, on ne souhaite pas le vivre seul.

Derrière cette envie de se retrouver, il y a un besoin profondément humain :
 Donner du sens au passage du temps par le lien.

Marquer une fin importante seul est difficile. Être entouré permet :

  • de partager les émotions
  • de relativiser ce qui a été vécu
  • de se rassurer face à ce qui vient

C’est une forme de rituel social. Et les rituels existent précisément pour nous aider à traverser les transitions.

Ce qui se cache derrière cette envie de célébration ?

Fêter la nouvelle année, ce n’est pas seulement “faire la fête”.
C’est :

  • clôturer symboliquement un chapitre
  • reconnaître que le temps a passé
  • se dire “on est encore là”

Il y a aussi une peur plus silencieuse : celle de laisser une année se terminer sans l’avoir vraiment vécue.
Se retrouver en famille ou entre amis devient alors une manière de donner à cette journée une importance qu’elle n’a pas objectivement, mais qu’elle a émotionnellement.

Le 31 décembre agit comme un point d’ancrage :
“Quoi qu’il se soit passé cette année, ce moment compte.”

2. Le 31 décembre et les nouvelles résolutions : pourquoi attendre cette date ?

31 décembre et le rapport au temps : résolution

La puissance symbolique du “nouveau départ”

Les résolutions du 1er janvier sont presque universelles.
Mieux manger, faire du sport, changer d’habitudes, ralentir, réussir davantage…

Mais une question se pose :
Pourquoi attendre une date précise pour décider de changer ?

Parce que le 31 décembre marque une frontière symbolique.
Il sépare un “avant” et un “après”.

Psychologiquement, cela crée l’illusion rassurante que :

  • les erreurs appartiennent à l’année passée
  • les échecs peuvent être laissés derrière
  • tout est à nouveau possible

Ce n’est pas rationnel… mais c’est profondément humain.

Les résolutions comme besoin de contrôle

Les résolutions ne sont pas qu’un désir d’amélioration.
Elles sont souvent une réponse à une frustration accumulée.

On ne prend pas de résolutions quand tout va bien.
On en prend quand on a le sentiment d’avoir subi son temps, ses contraintes, son quotidien.

Attendre le 1er janvier permet de :

  • structurer l’intention
  • se donner un cadre
  • retarder la confrontation au changement réel

Le paradoxe, c’est que ce délai est souvent ce qui fait échouer les résolutions.
Le changement durable ne dépend pas d’une date, mais d’une prise de conscience.

3. Le 31 décembre comme réflexion sur le temps qui passe

Le temps devient soudain visible

La plupart du temps, le temps est invisible.
On vit dans le flux, dans l’enchaînement des journées.

Le 31 décembre, lui, rend le temps palpable.
On regarde l’année écoulée comme un bloc :

  • ce qui a été fait
  • ce qui ne l’a pas été
  • ce qui ne reviendra pas

C’est parfois inconfortable.
Parce que le temps qui passe nous rappelle une vérité simple :  il est limité.

C’est ça le 31 décembre et le rapport au temps.

Entre nostalgie et projection

Ce jour-là, on oscille entre deux pôles :

  • la nostalgie de ce qui est déjà derrière nous
  • l’espoir de ce qui n’existe pas encore

Le présent, lui, est souvent mis de côté.
On est “entre-deux”.
Ni tout à fait dans l’année passée, ni encore dans la suivante.

Philosophiquement, le 31 décembre nous confronte à une question essentielle :
qu’avons-nous fait du temps qui nous a été donné ?

Et surtout :
comment voulons-nous habiter celui qui arrive ?

Est-ce que tu commences saisir le 31 décembre et le rapport au temps ?

Quand le temps devient soudainement visible

La plupart de l’année, le temps est silencieux.
Il s’écoule sans bruit, sans forme, sans contours. On vit dans le temps, mais rarement face à lui.

Le 31 décembre, quelque chose bascule.

Le temps, habituellement abstrait, devient soudain visible, presque tangible. On ne le vit plus seulement : on le regarde.

Le temps comme objet de conscience

Le reste de l’année, le temps est vécu sans être interrogé.
Le 31 décembre, au contraire, il devient une question.

On ne parle plus en journées, mais en année écoulée.

C’est précisément à ce moment-là que le temps cesse d’être un simple flux pour devenir une mesure existentielle.

Chez Heidegger, le temps n’est pas un simple cadre chronologique.

Il est ce qui révèle notre condition la plus fondamentale : être un être fini.

Le 31 décembre agit comme une mise en lumière brutale de cette finitude.

Une année vient de s’achever. Elle ne reviendra jamais.

Ce n’est pas tant la nouvelle année qui nous bouleverse, mais la certitude que :

  • une portion de notre vie est définitivement derrière nous
  • nous avons un peu moins de temps devant que la veille

Ce jour-là, sans forcément le formuler ainsi, on touche à ce que Heidegger appelait l’être-pour-la-mort.

Non pas dans un sens morbide, mais comme une prise de conscience silencieuse :

 le temps qui passe est aussi du temps qui s’épuise.

Henri Bergson faisait une distinction essentielle entre :

  • le temps mesuré (celui des horloges, des calendriers)
  • le temps vécu (la durée intérieure, subjective)

Le 31 décembre est précisément le moment où ces deux temps se rencontrent.

Objectivement, il ne s’agit que d’un jour de plus.

Mais subjectivement, il est chargé d’émotions, de souvenirs, de projections.

Une année peut être passée en un instant… ou sembler interminable selon ce qu’elle a contenu :

  • une épreuve
  • une rencontre
  • une transformation
  • un vide

Ce jour-là, on comprend intuitivement que le temps ne vaut pas par sa quantité, mais par ce qu’on y a vécu.

Le présent mis entre parenthèses

Fait paradoxal : le 31 décembre, le présent disparaît presque.

On est constamment projeté :

  • soit vers le passé (“Cette année est passée si vite…”)
  • soit vers le futur (“L’année prochaine, je ferai autrement…”)

Le moment présent devient un sas.

Un entre-deux où l’on n’habite ni totalement ce qui est fini, ni encore ce qui commence.

Hannah Arendt parlait de ces moments comme d’espaces de suspension, où l’action s’arrête pour laisser place à la pensée.

Le 31 décembre est exactement cela : un arrêt symbolique dans le flot du quotidien.

Le malaise silencieux du bilan

Si le 31 décembre est si chargé émotionnellement, c’est aussi parce qu’il impose un bilan implicite.

Même sans le vouloir, on se compare :

  • à ce qu’on espérait
  • à ce que les autres semblent avoir vécu
  • à l’image que l’on se fait d’une “année réussie”

Ce face-à-face avec le temps peut générer :

  • de la gratitude
  • de la fierté
  • mais aussi des regrets, voire une forme de tristesse sourde

Sénèque rappelait que :

« Ce n’est pas que nous ayons peu de temps, mais que nous en perdions beaucoup. »

Le 31 décembre rend cette phrase douloureusement concrète.

Le temps comme appel à la responsabilité

Quand le temps devient visible, il cesse d’être neutre.

Il nous appelle.

Pas à la performance.

Pas à la culpabilité.

Mais à la responsabilité.

Responsabilité de ce que l’on fait de ses journées.

Responsabilité de ce que l’on choisit de remettre à plus tard.

Responsabilité de ce que l’on sacrifie… parfois sans s’en rendre compte.

Le 31 décembre ne demande pas :

“Qu’as-tu accompli ?”

Il demande plutôt :

“As-tu vécu en accord avec ce qui comptait vraiment pour toi ?”

31 décembre et le rapport au temps : La responsabilité.

En filigrane

Si cette date nous touche autant, ce n’est pas pour ce qu’elle promet.

C’est pour ce qu’elle révèle.

Le temps, d’ordinaire invisible, se montre à visage découvert.

Et face à lui, chacun est renvoyé à une vérité simple, mais exigeante :

Le temps n’est pas seulement ce qui passe. Il est ce avec quoi nous faisons notre vie.

Conclusion

Le 31 décembre n’est pas magique. Il ne transforme rien par lui-même.

Mais il agit comme un révélateur. Il met en lumière notre rapport :

  • au temps
  • aux autres
  • à nos attentes
  • à nos regrets
  • à nos espoirs

Peut-être que le vrai enjeu n’est pas de fêter plus fort, ni de prendre plus de résolutions.
Mais de se poser une question simple, honnête, sans pression :

“Comment ai-je envie de vivre mon temps, vraiment ?”

Et si le 31 décembre sert à quelque chose, c’est peut-être à nous rappeler ceci :
le temps ne se rattrape pas, mais il se choisit… un jour après l’autre.

Et voilà pourquoi j’ai voulu tirer le fil du 31 décembre et le rapport au temps.

Pour aller plus loin : Le système TIMER

C’est LA formation qu’il te faut si tu veux qu’on t’accompagne à mettre en place des actions concrètes adaptées à ta réalité. Dedans on te fait prendre conscience de ta relation au temps et de comment y faire face, pour retrouver enfin de la sérénité et du temps avec tes proches.

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